REUNION PUISIEUX ET CLANLIEU REUSSIE

Le souffle de la colère des anti-éoliens mobilise 200 personnes à Puisieux-et-Clanlieu

Deux cents personnes ont assisté au rassemblement contre le déploiement anarchique des éoliennes en Thiérache et dans le Saint-Quentinois. Une première belle victoire ?

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Un cadre bucolique sous un soleil printanier, samedi après-midi, le parc du château de Puisieux avait des allures d’ouverture de saison touristique. On en était loin. Les lieux servaient de cadre à l’organisation d’une réunion d’envergure mettant en garde à qui voulait l’entendre les risques d’un éolien tous azimuts sur le territoire du nord de l’Aisne.

À l’initiative de Valérie Bernadeau, la propriétaire du lieu d’accueil et du collectif Picardie environnement durable (FED), la réunion a accueilli près de deux cents personnes, un beau succès pour cette première, dequoi faire pâlir les éoliennes du secteur, «c’est une réussite mais une continuité de nos actions explique Bertrand de Miramon, délégué du collectif FED on veut simplement démontrer des faits.»

De nombreux témoignages se sont succédé durant près de deux heures par des habitants directement confrontés aux éoliennes sur la Somme, l’Oise et le Pas-de-Calais à travers des parcs existants ou des projets. Tous avaient voulu faire le déplacement pour expliquer leurs combats.

À deux semaines des municipales, les anti-éoliens industriels veulent politiser le débat et encourager clairement à voter pour ceux qui sont contre les projets de parcs éoliens. Bertrand de Miramon rappelle que le collectif auquel il appartient est favorable aux énergies renouvelables mais dénonce une mascarade à la fois politique, industrielle et financière des éoliennes. Il parle des créations d’emplois de la filière qui sont inexistantes, des risques liés à l’environnement et des atteintes au patrimoine qu’il soit privé comme public. Le château de Puisieux n’a pas été choisi au hasard puisqu’il lui aussi directement menacé par l’implantation d’un parc éolien sur Sains-Richaumont. Une action au tribunal administratif est en cours.

L’autre projet d’implantation du Vilpion autour de Saint-Gobert lancé en 2007 est lui aussi en suspend, c’est dire si le mot d’ordre général des anti éoliens de samedi après-midi restait celui de la mobilisation et de la détermination à poursuivre de manière légale les actions envers la justice.

Chute de la valeur foncière

Pour le collectif, l’implantation de l’éolien entraîne une baisse de 30 à 40% de la valeur immobilière. Le témoignage de Marie-Ange Roy, une habitante de Mont-d’Origny est sans appel, «on a fait bâtir il y a trois ans. Aujourd’hui on a un bien qui va perdre de sa valeur et on va avoir des éoliennes à 700 m de la maison, tout ça sans en avoir été informé. Si je n’ai pas pu arrêter le projet, je suis décidé à stopper le second, c’est pour cela que je me présente à la mairie.»

La chute de l’immobilier est aussi un argument repris par Jean-Louis Doucy, directeur de la Thiérache d’Aumale qui samedi intervenait comme particulier en se souvenant de l’installation des éoliennes de Villers-le-Sec il y a dix ans. Pour lui, tout ceci n’est que mascarade. En aucun cas l’éolien ne peut se substituer au nucléaire «les promoteurs sont des voyous, l’éolien est développé par accointances politiques, l’éolien industriel ne remplacera jamais le nucléaire, on a un rapport de 1 à 600 entre 1 éolienne et un réacteur.» Bertrand de Miramon détaille que pour ajuster la puissance éolienne qui produit une énergie qui n’est pas stockable, les éoliennes doivent avoir recours à des centrales qui fonctionnent au gaz ou au fioul, donc au final, un coût plus important.

Si l’habitat a largement été évoqué, celui du patrimoine axonais aussi surtout dans le cadre de la commémoration de la Grande Guerre. Bertrand de Miramon, «nous avons un président du conseil général qui pilote le centenaire de la Grande guerre mais en même temps, il encourage l’implantation d’éoliennes partout alors qu’on veut classer un patrimoine de lieu de mémoire à L’Unesco, qui sera saturé d’éoliennes, c’est inadmissible.»

Les anti-éoliens ne manquent pas d’argument pour ralentir la pousse de ces machines à faire du vent. Ici, samedi on a fait plus que brasser de l’air, les différents collectifs semblent avancer dans leur lutte contre le tout éolien industriel. Seul regret lors de cette réunion, le manque de promoteurs et d’élus qui auraient sans doute enrichi le débat.

PUISIEUX ET CLANLIEU

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